L'imprimerie Huber de Hoerdt se diversifie. Elle est la première entreprise alsacienne de son secteur à se lancer dans la création de sites internet. Un moyen de prendre pied sur un nouveau marché et de consolider son activité traditionnelle.
Dans le secteur de l'imprimerie, l'heure est plutôt à la morosité. Les temps sont durs pour les entreprises, en particulier pour celles qui ont lourdement investi dans leur outil de production. Elles sont aujourd'hui menacées par l'effondrement des prix du marché, conséquence directe de la concurrence acharnée qu'elles se livrent depuis quelques années. Beaucoup n'ont d'ailleurs pas réussi à tenir le choc. On ne dénombre plus à présent que 8 000 imprimeries en France contre 10 000 il y a encore trois ans.
L'imprimerie Huber n'a pas été épargnée par la crise. Certes, ces trois dernières années, elle a réussi à stabiliser son chiffre d'affaires autour de 23 millions de francs. Mais au prix d'une réorganisation de son activité, qui consiste en l'impression de formulaires et de documents administratifs, et d'un léger allégement de son effectif. Pour son PDG, François Gutlé, c'était clair : "Pour passer le cap de l'an 2000, il fallait absolument qu'on trouve quelque chose".
L'entreprise a finalement décidé d'utiliser son expérience dans la création de documents pour concevoir des sites sur l'internet. Après tout, constate Pascal Aubert, le chef du projet, "les fichiers-sources sont les mêmes pour le papier que pour le web". Cette nouvelle activité, estime-t-il, permettra à l'imprimerie Huber "de fidéliser (ses) clients en leur apportant une offre complémentaire", "de gagner une nouvelle clientèle pour le papier", de développer un produit à forte valeur ajoutée qui ne nécessite aucune matière première et de se préparer à l'arrivée en force des nouvelles technologies.
Internet, intranet, CD Rom, bornes interactives...
Déjà, observe M. Gutlé, par ailleurs président du syndicat patronal des industries graphiques du Bas-Rhin, "l'impact du papier se stabilise voire régresse, surtout dans ce qui était notre spécialité : les factures et les documents commerciaux". Et "le besoin des entreprises pour les supports virtuels augmente. Il y a donc un marché qui s'ouvre". Un marché sur lequel l'imprimerie de Hoerdt compte bien être la première entreprise de son secteur en Alsace - et la cinquième en France - à prendre pied.
Elle s'est d'ores et déjà assurée le concours technique d'un fournisseur d'accès au réseau informatique mondial et a embauché le graphiste qui sera chargé d'illustrer les sites internet, les réseaux intranet, les CD Rom et même les bornes interactives haut de gamme qu'elle se propose de développer pour ses clients. "Dans les mois qui viennent, nous allons être obligés d'engager des commerciaux qui seront spécialisés dans le multimédia", précise François Gutlé. Et si tout va bien, la société pourrait bien passer d'ici trois ou quatre ans de 34 à plus de 40 salariés. Car "si cette nouvelle activité génère un volume d'affaire suffisant, nous investirons dans une presse offset cinq couleurs", ajoute le chef du projet. Pas question en effet pour M. Gutlé de changer de métier. "Nous restons imprimeur à la base, assure-t-il. Nous espérons simplement que cet apport de nouvelles technologies consolidera l'imprimerie classique".